« Pour Faire Bref ! » n°130

27 février 2017

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Depuis quelques semaines, les dossiers se bousculent à des degrés divers…

Au fédéral, de nombreux projets et propositions de loi en passe d’être votés interrogent notre statut d’employeur du secteur à profit social et questionnent notre déontologie professionnelle ainsi que notre rôle dans une société que les politiques néo-libérales et sécuritaires sapent à coup de coupes dans les finances publiques et la sécurité sociale, de sanctions, de pressions, d’activations, … Aujourd’hui les CPAS sont visés, demain seront-ce les opérateurs du non marchand qui seront sommés d’être l’«œil de Moscou» d’une police dont le déploiement démesuré contrarierait forcément l’idéal de la maîtrise du déficit public ? En tant qu’employeurs, nous sommes déjà appelés à lutter efficacement contre une supposée fraude sociale en collaborant activement au retour au travail des malades de longue durée…

Sans parler de l’actualité politique internationale qui tout à la fois nous laisse sans voix, nous sidère, nous révolte, nous mobilise… ou pas.

«Plus près de chez nous», c’est la réforme des APE qui se met en route et qui retient notre attention : un avant-projet de décret a été tout récemment approuvé en première lecture par le Gouvernement de la Région wallonne. Les discussions avec les partenaires sociaux vont enfin prendre une toute autre dimension ; les réunions avec le cabinet de la ministre Tillieux n’ayant été jusqu’ici que des «échanges d’informations».

C’est donc l’heure de (re)mobiliser toutes les ressources, toutes les forces afin que, comme le postule la note au Gouvernement, aucun employeur ne perde de moyens, ni d’emplois. Et pourtant… Le projet de texte, loin de nous apaiser, ravive en nous les craintes que nous n’avons eu de cesse de porter à la connaissance des politiques. En l’état actuel, bien qu’il présente des points positifs pour les employeurs, le projet de réforme n’apporte pas les garanties suffisantes pour un basculement sans perte et sans danger dans le nouveau dispositif¹.

Alors qu’il est important de pouvoir connaître l’impact financier que pourrait avoir cette réforme pour les employeurs, on presse les représentants des mêmes employeurs à négocier d’éventuels futurs Accords du Non Marchand sans qu’aucune enveloppe ne soit avancée et sans qu’au préalable ne soient abordées la question des économies dans les secteurs (gel de l’indexation des subsides de fonctionnement, réduction linéaire de certaines subventions, etc.) et celle de la pérennisation des actions et des emplois existants. Sans qu’il soit garanti que cela fasse avancer les choses, les organisations syndicales débrayent à nouveau en front commun le 21 mars prochain afin de mettre la pression sur ces négociations.

Les dossiers se bousculent… Avec parfois la difficulté de trouver du (bon) sens dans toute cette agitation… Nos secteurs ont besoin en priorité de moyens pour faire leur travail convenablement !


[1] Voir la communication de l’UNIPSO en page 6. La FESEFA ne manquera pas de revenir plus en détails sur la réforme des APE dans une prochaine publication.